Le pâturage

Photo début 20è siècle - Dune de la Falaise


Une évolution du site, liée à l'abandon des usages traditionnels

Longtemps, les dunes ont été utilisées par les familles démunies de terres, pour faire pâturer leur troupeau.

Celui-ci se réduisait généralement à quelques bêtes que l'on laissait pâturer librement, sous la surveillance d'un vacher ou d'un berger, rôle souvent assuré par un enfant.

Pâturage dune de la Falaise

L'impact positif du pâturage :


L'impact de ce pâturage extensif se traduisait de différentes façons, souvent favorables au bon état de conservation des dunes :
 
  • Le maintien d'une végétation rase, avec le blocage de la dynamique végétale (qui évoluerait naturellement vers le fourré) ou même la régression vers un milieux plus pauvre encore, dans les secteurs surpâturés.
 
  • Un appauvrissement du milieu avec l'exportation de la matière organique, transformée en viande, dut au pâturage, hormis les déjections qui provoquent localement un enrichissement du sol.


 
  • Une diversité floristique conditionnée par l'appétence du bétail : le pâturage engendre une régression (voire une disparition) des plantes les plus intéressantes pour les bêtes. Ainsi, le Dactyle aggloméré, le chiendent, le plantain (plantes de prairies intéressantes au niveau nutritif), sont aujourd'hui en extension et deviennent même abondantes sur certaines parcelles. Autrefois, ces espèces étaient consommées en priorité par le bétail, ce qui limitait leur développement et laissait ainsi la place libre aux plantes caractéristiques des milieux dunaires, moins attractives pour les bêtes.
 
  • Des ouvertures dans le tapis végétal avec le piétinement de bêtes. Ce dernier limite le développement de la couche bryolychénique (genre Xanthoria pour les lichens et Tortula pour les mousses). 
 
  • La dégradation voire la disparition du tapis végétal au niveau des sentiers, régulièrement empruntés par les animaux, ou le développement d'espèces adaptées au piétinement.
Ainsi, le milieu dunaire peut être perçu comme une mosaïque de micro-habitats dans laquelle chaque espèce va pouvoir trouver sa place. Le pâturage contribue à augmenter la diversité de cette mosaïque.
Embroussaillement avant travaux - Dune de la Falaise

L'impact négatif de son abandon : 

L'état de conservation de ces milieux dunaires, relativement stables dans le temps, a cependant progressivement évolué vers la dégradation, notamment du fait de l'abandon du pâturage :
 
  • L'enrichissement du sol a permi à des espèces dites "banales", moins adaptées au milieu dunaire, de pouvoir se développer, favorisant le développement de fourrés puis le boisement. Le site perd alors de sa valeur patrimoniale puisque les espèces inféodées à la dune ont disparu.
 
  • La hauteur de la végétation, qui augmente progressivement, prive de lumière les petites plantes des milieux dunaires. Celles-ci meurent, se décomposent et enrichissent le sol.



La conservation de la dune et de ses espèces végétales et animales, nécessite donc la mise en place d'une gestion écologique, dont l'objectif est de retrouver une végétation de pelouse dunaire en gagnant sur les zones colonisées par les ligneux ( = plantes évoluant vers le boisement).


Sources : Bretagne Vivante

 

  • Pâturage dune de la Falaise
  • Pâturage dune de la Falaise

L'éco-pastoralisme

Aujourd’hui, le pâturage traditionnel des milieux dunaires tel qu’il était pratiqué n’existe plus. Les secteurs qui en faisaient autrefois l’objet ont pour la plupart été soit urbanisés, soit évolué vers des stades pré-forestiers soit forestiers.
L'éco pastoralisme est donc désormais un mode privilégié d'entretien écologique des espaces naturels.
C'est une des solutions de plus en plus souvent retenue pour la gestion de réserves naturelles ou d’espaces verts, sans avoir recours à l’artificialisation des terrains.

Il permet en effet le maintien, voire la repousse spontanée d’une flore diversifiée et endogène, et/ou l’éradication d’espèces invasives et/ou exogènes ainsi que de retrouver des paysages dunaires tels qu’ils étaient voilà 60 ans.
Le but à atteindre (entretien simple ou restauration) déterminera l’espèce et la race à introduire sur le site.

D’un point de vue économique, ce mode de gestion mise sur l’autonomie tant du milieu naturel que du cheptel, permettant ainsi de réduire les frais liés à l’entretien des espaces (moyens humains, équipementiers, énergétiques) et son empreinte écologique.

C’est également une solution qui facilite la gestion d’espaces vastes et/ou difficilement accessibles. 

L’éco-pastoralisme permet, en outre, la valorisation d’un mode d’élevage traditionnel, artisanal et écoresponsable, en intégrant les cheptels à des sites naturels dès lors sauvegardés et entretenus de manière écologique.

Cette pratique se rencontre également en milieu urbain, où elle permet d’introduire harmonieusement la Nature (au sens large), dans des milieux jusqu’alors artificialisés.

L’éco-pâturage s’appuie, enfin, sur la sélection d’espèces en voie de disparition, qu’il participe à sauvegarder, telles que (pour l’Ouest), les moutons Landes de Bretagne ou encore Ouessant.
 

Le retour du pâturage sur la dune


Depuis 2016, le site redevient progressivement une terre de pâturage.
Les moutons permettent de limiter les graminées et les arbustes pour retrouver la vraie dune grise qui crisse sous nos pieds.
Le pâturage est l'un des maillons essentiels de la gestion du site pour restaurer la dune et la maintenir dans un bon état de conservation.